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Résister, c’est exister : un spectacle nécessaire 

D.R.

Du 26 au 29 avril, le Théâtre des Muses programme une pièce mettant en scène des résistants de la Seconde guerre mondiale. Porté par l’acteur François Bourcier, qui en est aussi l’initiateur, Résister, c’est exister s’impose comme le spectacle à voir en cette période politique intense.

 

 

D.R.

Au départ, François Bourcier incarnait seul en scène de sinistres personnages qui furent des corbeaux sous l’Occupation, dans un spectacle intitulé « Lettres de délation ». C’était en 2007. Le spectacle rencontre le succès, mais l’acteur ne veut pas rester sur ce constat pessimiste des lâchetés et des noirceurs humaines : « J’ai lancé le projet Résister, c’est exister pour contrebalancer cette première pièce. » François Bourcier joue notamment les « Lettres de délation » au Congrès des anciens Résistants qui se tient à Ajaccio. Il y croise les grands Raymond Aubrac et Stéphane Hessel. Et l’envie de construire ce nouveau spectacle plus lumineux s’accélère. Il demande à l’auteur Alain Guyard de s’inspirer des témoignages authentiques de Résistants pour tisser la pièce: « Nous avons puisé au Musée de la résistance à Lyon, mais nous avons aussi recueilli nous-mêmes les histoires de Résistants que nous avons rencontrés. » François Bourcier et Alain Guyard ont conscience que la matière est complexe, sujette aux manipulations historiques. Ils cherchent avant tout à saisir le moteur de ces hommes et ces femmes exceptionnelles : « Nous avions le désir de comprendre ce qui pousse des êtres à résister. » Une quarantaine de personnages, tous issus de la résistance populaire, sont mis en scène, qu’ils soient ouvrier, paysan, médecin, ménagère, étudiant, ou immigré... Tous des « Justes » à la fois ordinaires et extraordinaires. Tous incarnés par le seul François Bourcier.

 

Les défis de notre époque

 

Au moment des tragiques événements qui menèrent au massacre à Charlie Hebdo, François Bourcier se sent renforcé dans l’idée qu’il n’existe pas de fatalité : « On peut toujours résister. Dans le contexte hyper dangereux de l’Occupation allemande et de la collaboration, des hommes et des femmes ont choisi de ne pas baisser les bras. C’était David contre Goliath. » L’acteur fait remarquer que dans ces heures sombres de la guerre mondiale, il était plus difficile de résister qu’aujourd’hui. Il attire aussi l’attention sur des parallèles possibles entre les actes de résistance de l’Occupation et les actes d’entraide aux migrants qui fuient de nos jours le théâtre des conflits du Proche orient : « La posture de la résistance est universelle. » Lorsqu’on demande à François Bourcier ce qu’il éprouve après avoir joué plus de 600 fois son spectacle, l’acteur répond : « Je n’arrive pas à m’y faire. Ces personnages ont existé. On ne s’habitue pas à cet héroïsme. » Grâce à l’obstination d’Anthéa Sogno qui demande depuis longtemps à François Bourcier de venir avec son spectacle à Monaco, les spectateurs vont pouvoir découvrir la pièce déjà acclamée ailleurs par le public et nombre de critiques. Elle tombe à pic en cette fin de mois d’avril…

(D.R.)

 

De Alain GUYARD, sur une idée originale de François BOURCIER

Mise en scène Isabelle STARKIER

Avec François BOURCIER et les voix de Evelyne Buyle, Daniel Mesguich, Yves Lecoq, Stéphane Freiss.