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Mattéo Mornar, sculpteur

(D.R. Fabrice Gillebeaud)

Lorsqu’on se promène en principauté, on a facilement une chance de croiser une sculpture de Mattéo Mornar. Une exposition à Moscou le mois dernier lors de la visite officielle du Prince, une prochaine exposition bientôt à Bakou, Mornar est un artiste bien occupé, qui a été aussi graphiste de notre magazine durant dix-huit années… Portrait d’une personnalité chaleureuse.

 

D.R.

 

C’est au Star’s and bar que Mattéo Mornar donne son rendez-vous pour un entretien décontracté : il faut dire qu’il lui suffit en quittant son atelier de descendre quelques étages pour accéder au bar. « Il y a deux ans, j’ai été agressé dans mon atelier à Nice en plein jour. Ca m’a secoué. Le Prince Albert m’a très vite proposé un atelier magnifique à Monaco, ce qui m’a beaucoup touché », explique l’artiste qui se dit épanoui dans cet espace de 250m2. Mattéo Mornar a rencontré les Grimaldi il y a vingt ans, lorsqu’il faisait un livre sur la famille princière : « Rainier venait à mes expos, il m’aimait bien. Il m’appelait mon petit Croate ! ».

 

De Split à Paris

 

Né en Croatie (Split) en 1946, le jeune Mattéo émigre à l’âge de dix ans avec sa famille à Paris. Les biens des Mornar ayant été confisqués par le régime communiste, le père, désormais privé de la direction de ses hôtels, devient simple ouvrier, tandis que la mère, qui ne peut exercer comme médecin en France, se fait sage-femme : « Mes parents voulaient le meilleur pour nous. » Le jeune garçon s’acclimate à la capitale : il aime hanter les allées de sculptures du Louvre. A dix-huit ans, Mattéo entre à l’ESAM, une école qui lui permet d’apprendre les techniques du design, du graphisme, de la décoration intérieure et de la sculpture. Il sort diplômé dans les premiers et entre dans une filiale de Publicis. Il y travaille trois ans dans le secteur de la « maquette volume » pour la décoration de foires. D’esprit indépendant, Mattéo Mornar choisit ensuite de s’installer en free lance.

 

De Paris à Monaco

 

Une mission l’amène à venir s’installer sur la Côte d’azur, où la douceur de vivre le retient. Nous sommes alors en 1976 : Mattéo Mornar se marie et aura deux enfants. C’est à cette époque que l’artiste s’occupe de la mise en page de La Gazette de Monaco. Il travaille aussi pour la SBM, réalise des affiches de tourisme. En 1990, Mornar sent qu’il est mûr pour se consacrer définitivement à la sculpture. Ses femmes nues charnues en bronze rencontrent le succès: « Ces formes renvoient pour moi à la protection maternelle, à la chaleur, à l’humanité.» Quand on les compare aux femmes volumineuses de Bottero, Mornar fait une distinction : « Mes femmes sont plus dynamiques : regardez ma Rockeuse ! » Lorsqu’on demande à l’artiste pour quelles raisons ces femmes n’ont pas de visage identifiable, il explique que c’est pour que tout le monde puisse s’approprier la figure. Mornar se plaît aussi aux allégories, comme celle présente au square Gastaud : « L’homme à la tête de lion, face à la sirène qui lui présente une pomme, c’est l’homme — tout puissant qu’il est — qui craque face au charme de la femme. »

Des collectionneurs du monde entier se sont entichés des pièces du sculpteur croate : des Allemands, Belges, Italiens, Américains, et, comme l’on s’y attend, de plus en plus de Russes, de Chinois, de Pakistanais. Une collectionneuse suisse, qui acquiert depuis quinze ans une pièce par an, a baptisé son jardin : « Le Jardin Mornar ». 

 

Un artiste soucieux du monde

 

Le sculpteur s’illustre aussi dans le bestiaire monumental que l’on connaît : hippopotame, tigre, rhinocéros, ours, cheval, bientôt éléphant… Des animaux en danger sur notre planète troublée : « Chaque sculpture est cosignée par le Prince Albert. Je reverse 50% de la vente de la pièce à la Fondation du Prince. » Ce souci de générosité qui anime le sculpteur l’amène à offrir gratuitement des cours dans son atelier les vendredi et samedi : « J’aime recevoir du monde, transmettre, en profiter pour partager un repas… On peut venir de 7 à 77 ans : venez prendre un cours ! », nous lance-t-il. Le bel atelier accueillant de l’artiste témoigne de cette activité pédagogique, avec ses moulages d’élèves débutants ou confirmés. Pas de doute : Mattéo Mornar est un artiste comblé par la vie et qui sait partager sa passion.

 

(Droits réservés La Gazette de Monaco  - décembre 2013)

 

 

Fabrice Gillebeaud D.R.
Fabrice Gillebeaud D.R.

 

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Fabrice Guilbeaud:

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