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Mikhail Baryshnikov, photographe : « Dancing Away »

D.R.

 

Mikhail Baryshnikov est une légende de la danse du XXe siècle, mais peu savent encore que le danseur étoile est aussi photographe. On pourra découvrir son œuvre à Monaco du 16 mars au 7 Avril 2015 à la Galerie Columbia. Eclairage.

 

 

D.R.

Lorsqu’on doit citer des danseurs russes qui ont marqué le XXe siècle, trois noms viennent en général à l’esprit: Nijinski, Noureev et… Baryshnikov ! Certains se souviennent encore comment le jeune danseur russe, né à Riga en 1948, « passa à l’Ouest » un certain jour de 1974, lors d’une tournée du Théâtre du Bolchoï au Canada. Aux Etats-Unis, Baryshnikov accomplira une riche carrière : American Ballet Theatre, New York City Ballet où le danseur retrouvera son compatriote Georges Balanchine… Danseur à la taille plus petite que la moyenne, Mikhail Baryshnikov éblouit par sa virtuosité et sa prodigieuse présence scénique. Le cinéma a immortalisé ce charisme hors du commun dans des fictions où le danseur russe (naturalisé américain en 1986) joue un rôle proche de lui-même : Le Tournant de la vie (1977) et Soleil de nuit (1985).

Plus récemment, les jeunes générations ont pu découvrir Mikhail Baryshnikov dans la série culte produite par HBO, Sex and the city (diffusée en 2004). Or le célèbre danseur y incarne un artiste plasticien russe, vivant à New York. On l’y voit notamment préparer une rétrospective au Musée du Jeu de Paume à Paris, ce qui pourrait bien arriver un jour au photographe qu’est devenu Mikhail Baryshnikov ! Ce dernier confie prendre des photographies depuis une trentaine d’années, mais il ne travaille sérieusement que depuis 2006. On ne sera pas étonné qu’il se consacre particulièrement au monde des danseurs, se plaisant à capturer la fluidité des mouvements des corps, sans chercher à figer leur élan, mais au contraire en cultivant le flou photographique comme la meilleure traduction de la labilité, de l’évanescence, du caractère fugitif des gestes. « Je cherche à ce que les spectateurs de mes photographies puissent imaginer le mouvement avant et après, et non pas à reproduire seulement le mouvement gelé », explique Mikhail Baryshnikov. Et de préciser également : « Je prends des milliers de clichés, puis cela me prend un temps très très long pour sélectionner les images que je garde. Mon œil capture et mon cœur tranche. C’est exactement cela que je cherche. » Evidemment, la position unique de Baryshnikov, à la fois longtemps partie prenante du monde de la danse, et à présent extérieur par son choix d’être désormais observateur, rend ses photographies uniques en leur genre. Deux albums ont déjà été publiés : “Merce My Way” (2008) and “Dominican Moves” (2009).

L’exposition qui aura lieu à Monaco succède à l’édition londonienne. C’est la première fois que la principauté accueille l’œuvre photographique de Mikhail Baryshnikov, et l’on ne s’étonnera pas que « Dancing away » — titre de l’exposition — s’inscrive naturellement dans le cadre de l’Année de la Russie.

 

 

Galerie Columbia, 11 av Princesse Grace, 98000, Monaco (Vernissage en présence de l’artiste le vendredi 27 mars)

 

 

D.R.