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DIDIER CONSTANT : L’ACCENT DU SOLEIL

D.R.

Le 8 octobre, un acteur désormais habitué de la principauté nous revient au Théâtre Princesse Grace dans l’adaptation pour les planches d’Angèle, célèbre film de Marcel Pagnol. L’occasion d’aller à la rencontre d’un des « Sociétaires » du Théâtre des Muses, qui nous y a déjà régalés de sa faconde. Portrait.

 

D. Constant et A. Sogno (D.R.)

 

Vous vous souvenez ? Le mari trompé de Faisons un rêve et celui d’Une nuit avec Sacha Guitry, c’était lui ! Avec son accent méridional et sa truculence ahurie, Didier Constant n’a pas de mal à se glisser dans des rôles jadis tenus par Raimu ou Fernandel. La directrice du Théâtre des Muses ne s’y est pas trompée lorsqu’elle donna en 1996 sa chance au débutant à Paris : « Anthéa Sogno, c’est ma fée ! », se plaît à dire aujourd’hui le comédien. Revenons donc sur le parcours du natif de Montagnac, près de Pézenas.

 

Monter à Paris

 

Le jeune Didier Constant n’est pas un enfant de la balle : « Avec mes parents, je n’ai jamais eu l’occasion d’aller petit au théâtre ou au cinéma. » A l’école, l’enfant est très réservé : « Je restais dans mon coin… Alors un jour mon institutrice a suggéré à ma mère que je fasse du théâtre. » L’écolier prend ainsi goût à la comédie dès l’âge de 8 ans, mais à 14 ans, les parents de l’adolescent décident qu’il doit se concentrer sur les études : « J’ai été contraint de refouler cette passion. » Cette époque coïncide avec l’exil en région parisienne. Après son bac, Didier Constant effectue un BTS en Action commerciale. Son premier job ? Chef de rayon au BHV : « Dès le premier soir, je me suis dit que je n’y retournerai pas. » Une idée germe dans l’esprit du jeune homme : devenir steward pour voyager ! Il passe le concours pour entrer à Air France et entame sa carrière dans les airs : « Je me suis bien amusé pendant dix ans… »

 

 

 

Le virus du théâtre

 

Pourtant, le théâtre ne tarde pas à faire sa réapparition dans la vie de Didier Constant : « Un ami m’a offert un jour une place pour voir La Dame de chez Maxim’s. Au moment où la salle devenue noire a laissé retentir les trois coups, j’ai eu les larmes aux yeux. J’avais l’impression que je devais me retenir de quitter le siège pour aller sur scène : comme si je n’étais pas à la bonne place. » Le jeune homme reprend alors des cours de théâtre au Cours Simon : « Evidemment, avec mon accent du sud, on me donnait toujours des scènes de Pagnol à travailler. » Tout en continuant de voler pour Air France, Didier Constant persiste dans son apprentissage de la comédie et a la chance d’être pris sous l’aile d’un Sociétaire de la Comédie française, Yves Furet : « Il a été comme un père avec moi et m’a tant appris… » C’est à cette époque que l’apprenti comédien décide de se former aux méthodes de l’Actor’s studio : « J’ai fait des pieds et des mains pour être accepté dans un stage intensif sous la direction du célèbre Jack Garfein. Je me souviens que j’étais le seul à proposer du Feydeau… »

 

Les débuts sous le signe de la comédie

 

Olivier Marchal, rencontré chez Jack Garfein, joue alors dans Une nuit avec Sacha Guitry, écrit par Anthéa Sogno : « Il m’a dit qu’il y avait un rôle pour moi et m’a inscrit à l’audition. » A partir de ce premier spectacle, un succès, tout s’enchaîne : « J’ai tout de suite eu un agent et j’ai rendu mon badge d’Air France ! » Didier Constant décroche le premier rôle de la pièce à succès Boeing Boeing, et enchaîne les comédies, comme 1,2,3 Sardines ou Stationnement interdit de Jean-Luc Moreau... Débordant d’énergie, le comédien prend l’initiative de lancer un nouveau théâtre en 2001: La Comédie Bastille. Sa marraine n’est autre que Marthe Mercadier, une comédienne que Didier Constant admire particulièrement — une nouvelle fée. Et c’est avec le spectacle d’Anthéa Sogno, Ciel mon Feydeau !, que la Comédie Bastille débute des années de vif succès. Ce n’est que cet été que Didier Constant a décidé de transmettre la direction de la salle de 200 places : « Au bout d’un moment, le risque est de se scléroser. » 

 

 

Vers des rôles plus variés

 

Le comédien avoue avoir envie de varier les registres : « Mes goûts ont évolué. Il y a trois ans, j’ai été choisi pour jouer dans la pièce écrite notamment par Denis Podalydès et Jean Vuillermoz : André le Magnifique. Des metteurs en scène ont pu m’y voir dans un rôle différent de celui du lunaire naïf ». Au cinéma, Didier Constant joue bientôt sous la direction de Danièle Thompson un rôle dans Cézanne et moi, un film sur l’amitié du peintre avec Zola. Quant à Angèle, une histoire dramatique de Giono adaptée originellement par Pagnol, elle évoque la dure condition des jeunes femmes au début du siècle dernier : « Yves Pignot voulait déjà me mettre en scène dans le rôle de Saturnin il y a 11 ans. Il a fallu que Louis Feyrabend l’adapte pour le théâtre pour que le projet se concrétise. » Didier Constant aimerait aussi créer une vraie troupe de comédiens qui parcourrait la France : « J’ai envie de cette énergie de la troupe. » Est-ce que pour autant ce serait la fin des rôles comiques ? Que nenni ! « Avec Anthéa, on aimerait monter une adaptation du Schpountz ». En attendant, on pourra revoir dans quelques mois notre comédien dans une reprise aux Muses du Chaman et moi : «  J’aime venir à Monaco. J’y ai mes habitudes maintenant. » En effet, si vous voyez Didier Constant se promener dans les jardins du Rocher, chut !, c’est qu’il y répète son texte…

D.R.