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Sir Roger Moore : la légende vivante du cinéma et Monaco

Roger Moore avec son épouse (D.R.)

 

Sir Roger Moore est devenu une figure familière de la Principauté depuis les dix-huit années qu’il y habite, et tout se passe comme si la fiction, en l’occurrence télévisée, avait été un tremplin à la future réalité, puisque la première venue de l’acteur à Monte-Carlo remonte à un épisode du Saint.

 

Amicalement vôtre (D.R.)

 

 

Dans « Le Roi », Simon Templar croise sur la route qui le mène à Monaco un Texan milliardaire arrogant qui rivalise de vitesse avec lui dans sa voiture rutilante. Mais non ! Erreur ! C’est Roger Moore qui nous a révélé que cet épisode ne comportait que des plans du Casino et de l’Hôtel de Paris et que le reste fut tourné en studio : « Je n’ai pas tourné d’épisodes du « Saint » en Principauté. Le budget de la série était tel que nous étions contraints de mettre des palmiers en plastique en arrière-plan et une légende sur l’écran disant que l’action se déroulait à Monaco, aux Bahamas, à Rio, etc. » Et il est vrai que lorsqu’on revoit cet épisode du Saint, on remarque avec amusement que la route où se croisent Templar et le Texan a des allures curieuses de verte campagne anglaise, tandis que l’intérieur modeste du Casino de Monte-Carlo ne ressemble en rien au véritable !

 

« Le Roi » revêt une importance particulière dans la carrière de Roger Moore, puisqu’il est considéré communément comme le pilote de la série Amicalement vôtre (The Persuaders en VO), celui où est testé la confrontation entre le légendaire flegmatique Britannique Roger Moore et le cabotin charmeur Américain Tony Curtis. Test probant ! Monaco semble alors s’imposer dans la vie du futur agent de sa Majesté 007 : le premier épisode d’Amicalement vôtre se déroule dans la Principauté. Les deux compères Moore et Curtis se coursent en voiture de sport entre l’aéroport de Nice et Monte-Carlo, puis arrivent pile au même moment, l’un par le port, l’autre par les hauteurs, se garant l’un en face de l’autre devant l’Hôtel de Paris. Les deux playboys se toisent et se chamaillent alors en détruisant un salon du palace. Ils scellent quelques séquences plus tard leur amitié et débutent leur collaboration de justiciers. La production, qui aura l’énorme succès que l’on sait en France et en Belgique (moins aux Etats-Unis), a les moyens cette fois-ci de se déplacer dans des décors réels : Roger Moore est bien venu pour de vrai tourner en Principauté. Mais l’acteur nous a précisé que ce n’était pas sa première visite à Monte-Carlo : « Je suis venu à quelques reprises dans les années soixante pour des séjours brefs et privés, motivés par ma foi de pouvoir casser la banque de Monte-Carlo... » explique Roger Moore, pince sans rire, fidèle à son personnage à l’écran. Cet humour « tongue-in-cheek », comme disent les Anglais, sera la signature de Roger Moore dans son incarnation de James Bond dans pas moins de sept longs métrages entre 1973 et 1985. Ce rôle mythique colle à la peau de l’acteur qui avait toutes les qualités pour succéder à Sean Connery : une haute stature athlétique, un visage à se faire pâmer toutes les James Bond girls (et mortelles!), un regard intelligent dénotant un QI en adéquation avec les supposées aptitudes d’un maître-espion, et un humour mettant à distance les situations les plus compromettantes et dangereuses.

 

Si la série culte continue sa vie avec Daniel Craig, un James Bond au style rugueux et mélancolique, bien différent de la version Moore (signe des temps ?), l’octogénaire est toujours beaucoup sollicité pour parler de sa carrière. Il répond même directement aux internautes curieux chaque mois sur son site officiel (www.roger-moore.com), et son autobiographie publiée en 2009 sera disponible en français en octobre prochain. Aîné de Grace Kelly de tout juste deux ans, Roger Moore était, comme l’interprète de La Main au collet, sous contrat pour la MGM. Il se souvient ainsi de cette époque avec émotion : « Elle était charmante et extrêmement bonne actrice. Je regrette amèrement de n’avoir jamais pu tourner de film avec elle. Mais je suis reconnaissant à Grace Kelly d’avoir donné naissance à notre souverain actuel le Prince Albert. » Père de trois enfants, il s’investit depuis 1991 dans les actions humanitaires, dans le sillage de son amie ambassadrice de l’UNICEF, feu Audrey Hepburn, qui lui a montré jadis la voie. Résidant en Principauté depuis longtemps, Sir Roger Moore s’est également distingué dans la promotion et le rayonnement de Monaco dans le monde, et c’est à ce titre qu’il a reçu mardi 12 juin des mains du Prince Albert II le « Prix d’Ambassadeur de Bonne Volonté » dans la salle Empire de l’Hôtel de Paris. Ce même hôtel qui l’avait frappé la première fois qu’il avait visité la Principauté, impressionné alors, nous a-t-il dit par « le glamour, les bons restaurants et le luxe du palace de la place du Casino. ». Hôtel de Paris où bien plus tard, il a de nouveau, nous a-t-il confié, éprouvé sa meilleure expérience du Grand Prix historique, invité à déjeuner aux Terrasses par son ami Don Wilson.

 

Cependant, Roger Moore n’a pas manqué de nous surprendre lorsqu’il nous a avoué, pour finir, sa nostalgie du quartier de Fontvieille dans lequel il s’était installé avec son épouse Kristina au milieu des années quatre-vingt-dix : « A l’époque, c’était un quartier très tranquille, avec très peu de voitures, des bons restaurants (le Michelangelo, Amici Miei…). Faire ses courses chez Carrefour était un rêve, il n’y avait jamais de queue !» On imagine la caissière de l’hypermarché s’adressant à l’acteur déposant ses victuailles sur le tapis roulant : « Mister Bond, vous paierez en chèque ou carte bleue ? » Et lui de répondre : «Appelez-moi James », bien sûr !

 

(paru dans La Gazette de Monaco, juillet-août 2012 - Droits réservés)

 

Sur le tournage d'Amicalement vôtre, à Monaco (D.R.)