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La famille Bauer : dompteur de père en filles !

 

Kid Bauer, célèbre dompteur de fauves, fait partie des artistes qui se produisent sous le chapiteau de Fontvieille cette année. Enfant de la balle, son grand-père, puis son père, lui ont donné le goût du cirque, qu’il a su lui-même léguer à ses trois filles, Namayca (18 ans), qui fait partie de la sélection de « New Generation », Gypsie (14 ans) et Johanna (10 ans).

Portrait d’un dresseur de fauves qui n’a pas froid aux yeux, et qui revient à Monaco pour la deuxième fois.

 

 

D.R.

 

C’est devant la longue cage renfermant un majestueux lion blanc aux yeux céruléens, un puissant tigre et d’innombrables lionnes altières que Kid Bauer livre ses premières explications sur son métier hors du commun. Il expose comment ces fauves, qui se laissent caresser le museau par leur dompteur, peuvent toutefois à tout moment attaquer leur maître par derrière s’il n’y prend garde : « Il faut toujours avoir l’œil aux aguets, anticiper les mouvements des bêtes. Un jour, une lionne m’a planté les crocs dans le bras. Je n’ai surtout pas tiré, sinon mon bras aurait été emporté. Je m’en suis tiré avec une opération. » Dompteur de fauves, c'est comme on l'imagine un métier effectivement dangereux : « Nombre de mes confrères sont restés paralysés, certains sont morts. » Y-a-t-il des signes avant-coureurs chez le fauve qu’il faudrait savoir identifier ? « Non, c’est du cas par cas. Il faut s’adapter à chaque fauve. C’est de la chance.» L’épouse de Kid Bauer, ancienne grande trapéziste, a quant à elle renoncé au  métier à la naissance de la deuxième de leurs fillettes. Elle veille à présent à la sécurité de son époux lors des numéros.

 

Tombé dedans quand il était petit

 

D’aussi loin qu’il s’en souvienne, Kid Bauer a vécu au milieu des fauves. Au début, se souvient-il, il faisait de la voltige, des acrobaties. Puis, il s’est produit comme clown. Dès son plus jeune âge, il a observé son père dresser les fauves et écouté ses enseignements : « Je surveillais le tunnel, ce qui est essentiel en cas de pépin. » Son premier spectacle avec des fauves, le Kid le donne à l’âge de 17 ans au Portugal — un souvenir fort. Y a-t-il des différences entres les espèces de fauves ? « Les tigres sont plus sur la défensives que les lions, plus francs. Chez les panthères, ça dépend, il y a des bons sujets et d’autres… En fait, chaque fauve a sa personnalité, vous savez, c’est comme avec les hommes. » Y a-t-il des « trucs » pour dresser efficacement un fauve ? Kid Bauer ne nous en livrera pas, convaincu du côté instinctif et non dicible de cet art. En revanche, il se gausse de la légende qui voudrait qu’il faille parler en allemand ou en anglais aux fauves : « Comme si ces deux langues étaient plus autoritaires ! C’est faux ! C’est très bien de leur parler en français ! » Kid Bauer précise aussi que plus que par le regard, c’est par la voix qu’on obtient ce qu’on veut des animaux. On aimerait alors savoir s’il arrive d’être agréablement surpris par ces bêtes dangereuses : « Durant les répétitions, les fauves nous donnent parfois eux-mêmes des idées… Il suffit aussi parfois de les observer en train de jouer tous seuls, et leurs postures font naître des idées de tour. »

 

Namayca, la relève

 

L’aînée de ses filles a un prénom peu commun : « Ce prénom, il m’a été soufflé en rêves, mon bébé était tout petit, il fallait un nom protecteur, Dieu me l’a inspiré. » La jeune fille est aujourd’hui visiblement plus que bien portante, et comme ces deux autres sœurs, elle est dotée d’un caractère bien trempé. Précoce, elle est arrivée en demi-finale de l’émission de télévision « Incroyables talents » en 2011 pour ses numéros de dressage de chèvres. Nous la découvrons à Fontvieille en compagnie de son incroyable ménagerie, dont des cochons nains tachetés bien dociles… Mais Namayca a un faible encore plus grand pour les chevaux : « J’en dresse un de Haute école, un pur sang ibérique. J’ai appris toute seule, en observant. ». Namayca apprécie le style de vie nomade qui va avec la carrière : « Après l’émission de télévision de M6, j’ai reçu de nombreux engagements qui m’ont menée à Rotterdam, Genève… et ici à Monaco, pour le New generation.» La jeune fille n’a jamais été effleurée par l’idée de faire un autre métier, comme si elle avait le cirque dans le sang…

 

À n’en pas douter, Kid Bauer est fier de sa fille aînée, comme de ses deux cadettes, qui assureront la relève.

 

 (Clara Laurent, paru dans La Gazette de Monaco, mars 2013 - Droits réservés)