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Jane Fonda: le documentaire présenté à Cannes classics  (Rubrique cinéma)

Roses rouges et piments verts: un introuvable drôlement corsé avec Danielle Darrieux (1973) (Rubrique cinéma)

Danielle Darrieux, la jeune femme moderne du cinéma français des années 30

(Rubrique: cinéma)

LUC DARDENNE, CINÉASTE ET PHILOSOPHE  (rubrique cinéma)

PATRICK MODIANO ET LE CINÉMA

(rubrique Cinéma)

Citizen Kane aux Mardis du cinéma : No trespassing !

 

 

Chef-d’œuvre des chefs-d’œuvre, le premier film d’Orson Welles, sorti en 1941, est considéré comme le film-monstre que tout cinéphile qui se respecte doit connaître. Sa programmation aux Variétés permettra de le savourer sur grand écran !

 

 

 

Grandiose, monumental, baroque… Les superlatifs pleuvent communément au sujet de ce film, premier essai et coup de maître d’un jeune prodige, connu jusque-là comme homme de théâtre, mais aussi homme de radio ayant produit un canular des plus osés : faire croire aux Américains que les extra-terrestres de La Guerre des mondes avaient réellement débarqué ! A 25 ans, Welles se voit donc confier par la RKO un privilège inaccoutumé dans le système hollywoodien des Studios : le « final cut », ou le droit de maîtriser son film de A à Z. Avec la collaboration de H.J. Mankiewicz, Welles tisse un scénario audacieux autour de la figure d’un magnat mégalomaniaque inspiré notamment de W.R. Hearst, furieux quand il apprend l’existence du projet. Pour incarner « Kane », Welles se choisit lui-même, indice peut-être d’une paradoxale et prophétique identification au personnage, « bigger than life », cachant sous sa carapace colossale de prédateur une fêlure enfantine. Cette faille originelle porte un nom : « Rosebud », bouton de rose en français. Le film déploie une construction, alors presque inédite dans le cinéma parlant, de flashs back, au cours desquels un journaliste enquête sur la signification de ce mot énoncé juste avant de rendre l’âme par le magnat amer.

Plans séquences, profondeur de champ, courtes focales, angles inaccoutumés, travellings vertigineux, montage court des « Actualités »… La mise en scène de Welles organise un feu d’artifice prodigieux, qui étourdit encore le spectateur, et rencontre l’incompréhension des spectateurs d’alors. Comme cet autre chef-d’œuvre qu’est La Règle du jeu, de Jean Renoir, sorti en 1939, il faudra des années pour que Citizen Kane devienne ce film classé au firmament de l’Histoire du cinéma mondial. On peut lui préférer d’autres films de Welles, comme le plus intime et émouvant Magnificent Amberson, mais force est de constater que Citizen Kane fascine toujours autant.