HAPAX
HAPAX

JEANNE MOREAU ET DANIELLE DARRIEUX dans Le Salaire du péché (1956)

(à lire dans Rubrique cinéma)

VOX, UNE ODYSSÉE INTIME DE LA VOIX

une série de films courts de Clara Laurent 

De nouveaux épisodes au fil des semaines...

Danielle Darrieux, la jeune femme moderne du cinéma français des années 30

(Rubrique: cinéma)

LUC DARDENNE, CINÉASTE ET PHILOSOPHE  (rubrique cinéma)

PATRICK MODIANO ET LE CINÉMA

(rubrique Cinéma)

et toujours...: L'EXPÉRIENCE ROYAUMONT (août 2013)

L'OPÉRA EUGÈNE ONEGUINE SOUS LA DIRECTION DE JEAN-FRANÇOIS SIVADIER ET IRÈNE KUDELA

Pour lire l'article, cliquez sur l'onglet "Arts de la scène" ET POUR VISIONNER LE FILM, cliquez sur l'onglet  MES VIDÉO

BONNE CHANCE ! SACHA GUITRY a monaco

 

Sacha Guitry a longtemps dédaigné le « cinématographe », lui reprochant de faire une concurrence déloyale au théâtre. Changeant d’avis, il réalise son premier film sur un scénario original en le tournant en partie à Monaco. Allons (re)voir Bonne chance !

 

 

Le préjugé à l’égard du cinéma était fort répandu dans l’entre-deux-guerres. Guitry, en grand homme de théâtre, se méfiait assez naturellement d’un art encore jeune, à l’origine foraine. C’est sous l’influence de sa jeune épouse, Jacqueline Delubac, que l’auteur de Faisons un rêve semble totalement se convertir au septième art en 1935 : Bonne chance témoigne de cet engouement. Tout se passe comme si le soudain enthousiasme pour le cinéma y allait de pair avec le sentiment amoureux voué à la comédienne qu’il vient à peine d’épouser et qui est sa délicieuse partenaire dans Bonne chance

 

 

Le film est une comédie sentimentale primesautière au scénario charmant et cocasse. Si les bons mots y fusent de la bouche de Guitry comme dans ses pièces, le « jeune » réalisateur Guitry (aidé techniquement par Fernand Rivers) semble follement s’amuser des potentialités offertes par la caméra et le micro. Ainsi de cette séquence jubilatoire où la voix off de Guitry s’étonne de la façon dont on filme la route dans une voiture au cinéma, réalisant de facto ce qu’il est train d’expliquer à sa bien-aimée dubitative ! 

 

 

On dit parfois Guitry sentencieux et poseur, mais Bonne chance témoigne bien plus de sa légèreté de touche et de son esprit d’autodérision : ayant conscience d’être deux fois plus âgé que Jacqueline Delubac, l’apprenti cinéaste ne cesse de se moquer de son âge canonique, allant jusqu’à évoquer in fine un complexe d’Œdipe, dont on laisse le soin au spectateur de découvrir le détail en allant voir le film le 10 juin prochain. 

 

Les spectateurs du Théâtre des Variétés seront aussi sensibles aux séquences ayant lieu au Casino de Monte-Carlo et à l’Hôtel de Paris, Guitry affectionnant tellement la principauté que c’est là qu’il y emmenait ses conquêtes féminines pour les séduire… Jacqueline Delubac, qui tournera ensuite dans une dizaine de films de son époux, offre à Bonne chance sa fraîcheur, son piquant, son élégance… en un mot un charme si singulier, qu’il fait accepter au spectateur son jeu légèrement faux. Pauline Carton (sa mère) égaye aussi le film de sa voix pointue inimitable.

 

 

Après cette pochade où l’on trouve déjà les linéaments de l’impressionnante œuvre cinématographique future, Guitry reviendra tourner à Monaco le film qui est sûrement son chef d’œuvre : Le Roman d’un tricheur. La principauté inspirait décidément le maître.

 

Mardi 10 juin 2014, à 20h30 au Théâtre des Variétés, Monaco - Mardis du cinéma